Programme pour la promotion des énergies renouvelables, de l'électrification rurale et de l'approvisionnement durable en combustibles domestiques
Accueil » Nos composantes » Approvisionnement durable en combustibles domestiques » L’aménagement participatif des forêts

L’aménagement participatif des forêts

L’aménagement des forêts permet de protéger l’environnement. La forêt n’est pas dégradée grâce à une exploitation rationnelle des produits forestiers, à la vulgarisation des méthodes de carbonisation améliorées, mais aussi grâce aux pare-feux qui sont ouverts.

L’aménagement participatif des forêts consiste à responsabiliser les populations locales dans la gestion des ressources forestières afin notamment d‘assurer une production suffisante de bois et charbon de bois tout en veillant à la régénération des forêts. Dans cette optique, le PERACOD a développé et documenté une démarche participative permettant l’implication de tous les acteurs concernés afin de négocier et adopter des règles de gestion et d’exploitation de la forêt.

Entre 2004 et 2008, le PERACOD a accompagné le service forestier et 10 communautés rurales du bassin arachidier et de la Casamance dans le cadre d’une phase test. Au vue des résultats concluants et de l’engagement des acteurs locaux, en 2009, le PERACOD s’est proposé de relever le défi de la démultiplication en accord avec la politique de régionalisation promue par l’administration forestière du Sénégal.

Soucieux de la bonne gestion de leur patrimoine forestier, les conseils régionaux de Fatick, Kaolack, Ziguinchor et Kolda ont engagé une réflexion approfondie et concertée visant la formulation d’une stratégie régionale pour la démultiplication de l’aménagement participatif des forêts et l’approvisionnement durable en combustibles domestiques.

Dans la continuité, des plans d’actions régionaux ont été élaborés et sont mis en oeuvre par les collectivités locales et les services techniques depuis 2011.

Enfin, pour encourager la règlementation nationale, le PERACOD accompagne la Direction des Eaux et Forêts dans l’élaboration de directives nationales pour l’aménagement forestier participatif.

« Les revenus que j’obtiens avec le charbon me permettent même d’embaucher une personne et de louer des charrettes pour faire le travail aux champs pendant que je m’occupe de la carbonisation. Je gagne mieux ma vie et je crée de l’emploi ».
Elhadji Seck, charbonnier à Sambandé (région de Kaolack)

Les impacts

En 2011, dans 17 communautés rurales, les populations d’environ 140 villages riverains des forêts s’approvisionnent de manière durable en bois et en charbon de bois grâce à l’aménagement de 23 000 ha de forêt. D’ici fi n 2012, 20 000 ha supplémentaires seront gérés durablement, portant ainsi la superficie totale à environ 40 000 ha.

Plus de 300 hommes et femmes s’impliquent dans la production durable de bois, charbon de bois, et d’autres produits forestiers tels que le pain de singe (fruit du baobab) et le miel.

La gestion durable de la forêt rapporte de l’argent aux populations locales et, dans toutes les localités où l’aménagement participatif a été expérimenté, les populations n’ont que des motifs de satisfaction.

À Sambandé (région de Kaolack), la production de charbon pendant la saison sèche permet aux 30 producteurs d’avoir une activité génératrice de revenus pendant cette période généralement difficile pour les ménages. En 2010, ces charbonniers ont enregistré un chiffre d’affaire de 4 millions FCFA (6 000 EUR). L’utilisation des meules de carbonisation améliorées (meule « Casamance  ») à la place des meules traditionnelles permet, grâce à leur rendement plus important, de réduire significativement la dégradation forestière et assure aux exploitants des gains plus conséquents. Par exemple, pour produire les 80 tonnes de charbon de bois produits en 2010 par les charbonniers de Sambandé, il a fallu utiliser 320 tonnes de bois donc couper environ 18 ha de forêts. S’ils avaient utilisé l’ancienne méthode de carbonisation, cela aurait nécessité 530 tonnes de bois, soit environ 30 ha de forêts. Grâce à ces méthodes de gestion, on assiste à un retour de certaines espèces tant du côté de la flore que de la faune.

À Dar Salam Thierno, en Casamance, le Président du comité villageois a fait le constat suivant : « depuis que nous avons commencé à surveiller la forêt avec l’aide des agents des Eaux et Forêts, il y a beaucoup d’arbres que l’on laissait abattre qui commencent à repousser. Le bois de Venn qui avait disparu réapparaît. Pour notre plus grand bonheur.

Contact | À propos | Plan du site