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Le projet Électrification rurale Sénégal (ERSEN) : l’électricité pour plus de 90 000 villageois

Dans sa première phase (de 2005 à décembre 2009), ERSEN a permis d’électrifier 74 villages dans les régions de Kolda, de Sédhiou et de Kaolack. La deuxième phase a commencé en mai 2009 et a pour objectif d’électrifier 70 villages dans la région de Fatick et 121 villages dans la région de Sédhiou avec un cofinancement de l’Union européenne.

Les 265 villages qui sont électrifiés par le projet ERSEN comptent moins de 1 000 habitants. Ils sont situés à des distances éloignées du réseau Moyenne Tension et doivent disposer d’au moins une école et une structure de santé.

Les solutions techniques

Afin de rendre l’électricité utile et accessible à tous, différentes solutions techniques sont offertes, chacune fournissant des services adaptés à différents usages par les consommateurs : les systèmes solaires individuels, les mini-centrales solaires, solaires-diesel ou solaires-éoliennes-diesel et les lampadaires solaires. Ces derniers sont utilisés pour éclairer les chemins, les places publiques et parfois les lieux de culte.

Les systèmes solaires individuels sont installés dans les petits villages de moins de 500 habitants. Ils sont capables de fournir de l’électricité suffisante pour le fonctionnement de quatre points lumineux, une télévision en noir et blanc, une radio et un chargeur de portable.
Les mini-centrales ont une capacité suffisante pour alimenter les ménages et infrastructures d’un village d’environ 700 habitants. Ce service est comparable à celui offert en ville, ce qui permet d’utiliser tout type d’équipement et facilite le développement des usages productifs.

La gouvernance locale des services électriques

Le projet ERSEN présente une caractéristique innovante de l’électrifi cation rurale sur le plan social. Il assure en effet la mise en place d’un système d’ingénierie sociale adéquat. Dans les villages, un véritable cadre de concertation et de décision des acteurs locaux est créé afin de réduire les risques sociaux : les « comités de suivi pour la mise en oeuvre des services électriques ».

Cette intégration dans le tissu social local favorise non seulement la viabilité des équipements mais facilite aussi l’intervention du secteur privé. Les principaux acteurs sont donc sollicités par le projet de manière différente :

  • Les communautés rurales se positionnent en tant que porteurs du projet : elles fournissent une participation fi - nancière à l’investissement initial requis et sont directement impliquées dans les actions de sensibilisation et communication mais aussi de gestion des services fournis par l’opérateur privé.
  • Les opérateurs privés fournissent également un appui fi - nancier pour assurer l’investissement initial du projet. Ils assurent l’exploitation ainsi que la gestion technique et commerciale des équipements installés.
  • Les usagers quant à eux, qu’ils soient domestiques, sociaux ou productifs, sont tenus de payer leur accès à travers une redevance initiale d’accès pour leur branchement, ainsi que des redevances mensuelles pour le service fourni.

Ce sont des entreprises privées sénégalaises, sélectionnées par l‘ASER, qui assurent l’installation, la gestion et l’entretien des équipements électriques dans les villages sur une période de 15 ans. L’opérateur se rémunère avec les redevances initiales et mensuelles des usagers (domestiques, sociocommunautaires et productifs).

L’électricité pour créer des richesses en milieu rural

En aval des services électriques, le développement des usages productifs de l’électricité est mis en oeuvre suivant les quatre étapes ci-après :

  • L’identification systématique au cours des phases d’enquêtes préalables d’usages productifs à promouvoir.
  • L’analyse de la chaîne de valeurs de chacune des filières identifiées et de la viabilité économique et financière des usages productifs identifiés.
  • L’identification et la mise en synergie des actions avec des partenaires financiers et non financiers nécessaires (Business Development Service).
  • La planification et la facilitation de l’alimentation électrique des usages.

L’accès nouveau à l’électricité représente une opportunité incroyable de développement économique dans les villages. ERSEN soutient le développement des usages productifs de l’électricité pour les entrepreneurs ruraux comme les boutiquiers, les tailleurs et les meuniers.

Les impacts

Des changements sociaux importants

À Keur Madiouf, premier village électrifié dans le cadre d‘ERSEN dans la région de Kaolack, le fils du chef de ce village a été complètement « ébloui » par l’électrification de son village. Après sa première soirée passée sous la lumière produite par le système solaire, il s’est adressé en ces termes à son père : « Papa, quand j’ai appuyé sur l’interrupteur et que la chambre s’est illuminée, je me croyais chez mon oncle à Dakar ! Jamais je n’aurais imaginé qu’on obtiendrait de la lumière autre qu’avec les lampes-tempête. Je pourrai désormais réviser correctement au village pendant les vacances et t’aider dans les travaux champêtres plutôt que d’aller à Dakar ». L’électrification ayant apporté au village les mêmes commodités qu’à la ville, les villageois peuvent y mener des activités similaires.

On s’informe et communique plus facilement

Grâce à l’électrification rurale, on observe de nouvelles habitudes liées à l’accès à l’information (radios, télévisions). Dans tous les villages électrifiés, les populations sont très satisfaites de recevoir la télévision et de ne plus se rendre en ville pour charger leurs téléphones portables.

À Ndiaye Kahone (région de Kaolack), les habitants du village utilisent maintenant les NTIC. Grâce à l’électricité, les jeunes du village surfent sur internet.

Les résultats scolaires s’améliorent

Sur le plan scolaire, les enseignants profitent de l’électrification aussi bien que leurs élèves. Les enfants font leurs devoirs le soir dans de meilleures conditions et profitent d’enseignants qui utilisent de nouveaux supports pédagogiques requérant l’électricité.

Sur le plan sanitaire, on assiste à une amélioration des conditions de consultations grâce à l’électrification rurale. Les agents de santé peuvent utiliser de nouveaux équipements électriques essentiels à leur travail.

Chaque jour, les enfants des villages nouvellement électrifiés dans le cadre d’ERSEN étudient environ 30 minutes en plus que les enfants des villages non électrifiés.
(RWI, 2009)

Les consultations médicales sont de meilleure qualité

Certains services des cases de santé, comme les accouchements de nuit, peuvent dorénavant être réalisés dans de meilleures conditions grâce à l’électricité. La petite case de santé de Ndiaye Kahone tire profit de l’électrification. Faama Diop, la matrone du village, est très prise par son travail – surtout pendant l’hivernage. Selon elle, la qualité du service s’est beaucoup améliorée : «  J’ai au minimum cinq patients par jour. Grâce à l’électricité, je peux même effectuer des interventions nocturnes, par exemple des accouchements ».

L’économie se développe

Grâce à l’installation de moulins solaires, d’ateliers de couture, de menuiseries (bois et métalliques), les communautés ciblées expérimentent de nouvelles activités génératrices de revenus. Dans les villages de Ndiébel (région de Kaolack) et Diaoulé (région de Fatick), les installations électriques ont permis aux femmes d‘utiliser des congélateurs solaires dans lesquels elles conservent les produits qu’elles revendent lors des marchés hebdomadaires. À Sine Moussa Abdou (région de Thiès), le couturier du village a multiplié ses revenus par six depuis qu’il utilise l’électricité de la mini centrale solaire-éolienne-diesel.

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